Un soir d'octobre, les ondines et les sirènes

Nous nous sommes confortablement
installées, les unes sur les feuilles des nymphéas, les autres sur
la rive, mais toujours bien cachée du regard des humains et nous
avons profité des contes de Dame Enora. Lorsque celle-ci a laissé
ses fans s'enfermer et se blottir dans leurs lits, certains ne sont
plus très rassurés après avoir écouté ses narrations. Ce qui
nous a permis de prendre possession de l'étang et d'y faire les
« folles » au risque de provoquer , une catastrophe
naturelle comme il est dit dans votre monde. Certain vous diront que
cette nuit là, il y a eu de l'orage.
Puis nous nous sommes reposées sur une
des rives où se trouvait une « auberge » qui avait pour
nom « Le Cap Vert ». Si je n'avais pas eu cette idée, de
mettre le Belem dans le sillage du Poséidon pour une destination
inconnue, j'aurais hissé les amarres pour atteindre cet archipel. Je
n'étais pas la seule à rêver d'aventures. Pisinoé, tout en
donnant de grand coup de queue pour éloigner les moustiques
s'exclame : Au lever du jour, je prends la route pour le Cap Vert,
qui se joint à moi ? Hormis, les plus jeunes, dont l'âge ne pouvait
leur permettre de faire un tel voyage, elles ont toutes dit « moi ».
Puis, j'ai senti des regards en point
d'interrogation, car je n'avais pas donné de réponse. A force de
vivre parmi vous, j'en oublie que je suis l'une d'elles et que je
n'ai besoin, ni d'oiseau de fer, ni de navires pour voyager, qu'il me
suffit d'enfiler ma peau de phoque et d'atteindre les grands fonds.
.jpg)
Première chose à faire, dans un lieu
inconnu, trouver l'office du tourisme où quelque chose qui s'y
apparente, pour trouver la randonnée idéale, qui me permettra
d'aller à la rencontre de la population de la faune et la flore
locale. Puis se procurer, le matériel minimum comme un sac à dos,
de la crème solaire, une casquette, des lunettes de soleil, un
vêtement de pluie,de l'eau. Me voilà parée pour rejoindre mes
nouveaux compagnons de voyage, et notre guide, qui est plutôt bel
homme.

Comment lui dire que mes hôtes vivent
au fond de l'eau ? Dans ces moments là, il est beaucoup plus simple
d'être moussaillonne sur un trois-mâts, que de voyager avec des
ondines, décidément ce bateau me manque. A cet instant, un doux son
atteint mes oreilles, celui d'une corne de brume, mon regard se
dirige vers une magnifique goélette, avec pavillon français, au
doux nom de : "La rosée du matin". Mon visage a dû s'éclairer
d'un de mes plus sourires, auquel, il n'a pas hésité de répondre.
Je lui ai pris la main, et nous avons embarqué afin d'être seuls au milieu de l'océan.

La rosée du matin en rouge et noire.