Sauvage et aride, avec tes plages
quasiment inaccessibles, où quelques pêcheurs remplis de courage,
après de longues heures de marche, arrivent au bord de l'eau pour
tenter d'y pêcher quelques poissons, d'autres plus chanceux, qui
possèdent ou connaissent un propriétaire de 4x4, peuvent y aller
jouer avec les vagues. Rare sont les touristes qui frôlent ce sable
métissé, où se mélange le noir de chez toi et le blanc que les
vents apportent de Mauritanie. Seuls les vrais amoureux de la nature,
trouveront le guide qui les mènera vers tes plus beaux secrets. Car
aimer la nature, ce n'est pas seulement voir les arbres, les fleurs,
les animaux, mais aussi les terres arides, où même les acacias,
n'ont pas de racines assez puissantes pour y trouver la moindre
goutte d'eau. Là se dessine le lit d'une rivière, qui un jour
devait rejoindre l'Océan. En approchant du rivage, on peut y voir
des « melons de mer », puis au loin, une oasis avec deux
ou trois palmiers, un acacia, une demeure abandonnée. Par quel
miracle, la nature donnait à cet endroit, la paille que venait
chercher les éleveurs pour donner à manger aux animaux,
incontestablement quelque soit le nom qu'on lui donne, pour moi le
seul Dieu, c'est Dame Nature. A PALHA CARGA, j'ai eu la certitude que
je finirais mes jours auprès de l'Océan Atlantique, que ce soit en
Euskadi, en Bretagne ou chez toi. Le chant de ses vagues sur cette
plage sauvage, m'a permis d'enfin me retrouver.
Comme mon animal Totem, le loup, si
j'ai ce goût pour la liberté, les liens sociaux me sont également
importants, et c'est dans ta Capitale, que je les trouvent. Assise à
une terrasse ombragée, mon café bu depuis longtemps, un livre à la
main, les heures les plus chaudes s'écoulent lentement, les serveurs
passent régulièrement, pas pour faire comprendre qu'il faudrait
reprendre une consommation, mais pour s'assurer que les parasols
protègent bien du soleil. Mon voisin a entamé la conversation.
Malgré la différence de langue, nous sommes arrivés à échanger,
sur les différents styles de vie d'ici et d'où je viens. Que je
suis venue ici, pour me vider la tête, évacuer toute cette tension
dû au stress Parisien. Un des réceptionnistes a décidé de
m'apprendre le Créole de chez toi, qui est différent de celui des
autres îles. Comme il ne s'écrit pas, et que ni lui ni moi ne
connaissons la phonétique, je crains que mes connaissances en ce
domaine, ne vont pas avancer à grand pas. La seule certitude, c'est
que pour dire merci, on ne doit pas entendre ni de « o »
ni de « a », c'est déjà un début. J'aime me promener
dans ton marché qui s'habille de vert, de jaune et de rouge, et me
régaler avec les bananes qui viennent de ta sœur, dont la baie te
sépare.
Le matin, après un bon petit déjeuner,
rien n'est plus agréable que d'aller se baigner à LAGINHA, où il
est possible de faire des « longueurs » ou tout
simplement profiter de la fraîcheur de l'eau et observer ce qui
m'entourent. Si les jeunes courent, font des pompes les plus âgés,
font de nombreux allers et retours sur le bord de l'eau. Un homme
s'est dirigé, vers un de ces bidons qui sert de poubelles et y a
pris un verre , cela a éveillé ma curiosité qu'allait-il bien
faire avec ? Il s'est dirigé vers l'eau, a remplit le verre et s'en
est allé vers la ville. Curieuse, mais pas espionne, je n'ai donc
pas eu toute suite, la réponse à ma question. Ce n'est que le
lendemain, que j'ai compris, cette eau, leurs servent à se rincer
les pieds, pour ne pas transporter de sable en ville. Sur la plage,
il y a aussi des tas de 3 ou 4 cailloux, qui sont ma foi très utiles
pour éviter que les serviettes ne s'envolent. Ici, les gens se
baignent de la même façon que moi, trempette, bronzage, trempette,
et puis s'en vont. Celui que j'appelle mon correspondant Cap Verdien,
n'a pas dû comprendre, quand je disais que je n'aimais pas être au
milieu des parasols, où les serviettes sont collées les unes des
autres, car rien de cela ici. Assurément j'aime cette plage.
Chez toi, pas de Mac Do, ni de KFC,
mais de succulentes brochettes de crevettes et poulpe, de langouste ,
des tas de poissons .Les simples omelettes , et les légumes
qui sont cuisinés avec ces herbes sont un vrai régal pour le
palais . J'ai eu la chance de pouvoir apprécier, le boudin et
le fromage de chèvre, à la ferme. Je n'aurais jamais pensé voir
chez toi, une pintade, des cochons qui n'ont rien à envié à ceux
de l'Euskadi. En tout cas ce fermier, prend un grand soin, ainsi que
tout le reste de la famille, de tous ses animaux. Les amoureux du
hamburger, auront la joie, de voir ce dernier sur les cartes des
cafés. Peut-être en mangerais-je un avant mon départ, ils sont
certainement meilleurs que ceux de chez moi.
A la tombée de la nuit, une autre
vie commence, celle de la musique. Cette année, je serais repartie
pour ton grand festival de BAIA DAS GATAS, mais j'ai pu apprécié
celui du MINDEL SUMMER JAZZ, où j'y ai entendu de très bons
musiciens. La musique, chez toi, ce n'est pas seulement dans les
festivals, c'est aussi chaque soir dans différents bars, au
croisement de deux rues, ou tout simplement là où se trouve un
musicien qui a envie de s'exprimer en jouant. Elle parle, souvent de
cette nostalgie qu'on les gens d'ici, de ces rêves de voyage,
d'aller voir ce qu'il y a de l'autre côté de cet Océan, d'oublier
qu'ils vivent sur « un tas de cailloux », et en même
temps, ne pas vouloir partir. J'ai entendu, dire que l'on s'ennuie,
chez toi, et que beaucoup trouve refuge dans l'alcool. J'ai cette
faculté, de ne pas connaître l'ennui, dés que je vois l'Océan,
que j'entends de la musique, sûrement parce qu'ils permettent à mon
imagination de me faire voyager.
Tu es tout ce que j'aime SAO VINCENTE